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samedi 28 septembre 2024

Le physicien et la mort

                                                  Le physicien et la mort

Je commencerai par une première constatation : on rechigne à parler de mort en physique. On évite le mot, et la raison n’en est nullement que les physiciens sont plus ou moins superstitieux que le reste des mortels.

Dans le domaine de l’infiniment petit, une particule ne meurt pas, elle se désintègre. Par exemple, au bout d’un temps très court après sa création (très court de notre point de vue), le pion se convertit en muon et neutrino, ce qu’on écrit par une équation :

Pion     muon  +  neutrino

Ce processus a demandé beaucoup de réflexions avant d’être élucidé, car si le pion et le muon se détectent assez directement, le neutrino est une particule invisible qui s’échappe sans laisser de trace. Alors comment savoir qu’il a été effectivement produit ? Le seul indice de sa présence éphémère est une fuite d’énergie, l’énergie portée par le seul muon n’épuisant pas toute celle offerte par le pion initial. Or la physique stipule la conservation de l’énergie dans tous les processus physiques. C’est une règle sacrée qui a toujours été vérifiée. La preuve peut donc sembler indirecte, mais on sait aujourd’hui que l’hypothèse est exacte et la détection du neutrino l’a amplement confirmée.

Un argument pour nier la mort des particules est de dire qu’elles ne vieillissent pas. En effet, tant qu’elles existent, elles portent leurs nombres quantiques intacts. Puis elles disparaissent, soudain, pour engendrer d’autres particules, d’ailleurs choisies dans un jeu limité d’objets par des règles de conservation très strictes.

Prenons un nouvel exemple tiré de la physique nucléaire, celui d’un noyau atomique instable, on parle alors de transmutation. Le carbone 14 devient azote 14. A un certain instant, un noyau de carbone existe, à un instant ultérieur, il est devenu azote. Si l’on considère une source radioactive, c’est-à-dire un échantillon composé d’un grand nombre de noyaux de carbone 14, alors la situation est un peu différente de celle observée pour une particule unique. L’échantillon peu à peu se transforme : les noyaux se convertissent les uns après les autres de l’état carbone à l’état azote. En quelque sorte l’échantillon vieillit, du moins il évolue et l’ensemble carbone s’appauvrit tandis que l’ensemble azote s’enrichit. Peut-on dire que la source est morte quand tous les noyaux de carbone ont disparu, ce qui est réalisé après un temps indéfini, a priori infini puisqu’une décroissance radioactive de type exponentiel n’atteint zéro qu’asymptotiquement?

Cet exemple nous amène à un autre aspect possible d’une approche scientifique de la mort, l’analyse statistique.

Dans le cas de l’échantillon radioactif, un atome change de nature selon une loi statistique bien définie. On connaît à l’avance l’évolution globale de l’échantillon, mais jamais on ne saura à l’avance si un atome choisi en particulier disparaîtra dans les 10 prochaines secondes. De même, les probabilités aident à analyser l’évolution d’une population. Le nombre de décès parmi les habitants d’un pays suit des modèles statistiques relativement contraints. Des tables existent qui donnent précisément la probabilité des différents types de  décès. Il y a six mille morts sur les routes chaque année en France. Certaines vies cessent absurdement, mais statistiquement, leurs fins se comptabilisent suivant des courbes gaussiennes aux propriétés bien connues. Le phénomène est imprévisible pour une particule ou un individu, mais prévisible pour un échantillon ou une population. Il existe pourtant une grande différence avec l’échantillon radioactif : une population peut croître et rajeunir. Mais l’argument est surmontable, car il existe des sources radioactives à deux corps, la quantité du corps intermédiaire augmente dans un premier temps, même si on sait qu’asymptotiquement il décroîtra, tout comme l’humanité.

Cette évolution progressive, illustrée par celle de l’échantillon radioactif, est à rapprocher de la situation discutée par Marcel Proust, quand il écrit : « … depuis mon enfance j’étais déjà mort bien des fois. Pour prendre la période la moins ancienne, n’avais-je pas tenu à Albertine plus qu’à ma vie ? Or je ne l’aimais plus, j’étais, non plus l’être qui l’aimait, mais un être différent qui ne l’aimait pas, j’avais cessé de l’aimer quand j’étais devenu un autre. Or je ne souffrais pas d’être devenu cet autre, de ne plus aimer Albertine ; et certes ne plus avoir un jour un corps ne pouvait me paraître en aucune façon quelque chose de plus triste que m’avait paru jadis de ne plus aimer un jour Albertine. Et pourtant, combien cela m’était égal maintenant de ne plus l’aimer. Ces morts successives, si redoutées du moi qu’elles devaient anéantir, si indifférentes, si douces une fois accomplies, et quand celui qui les craignait n’était plus là pour les sentir, m’avaient depuis quelques temps fait comprendre combien il serait peu sage de m’effrayer de la mort. Or c’était maintenant qu’elle m’était depuis peu devenue indifférente, que je recommençais de nouveau à la craindre, sous une autre forme, il est vrai, non pas pour moi, mais pour mon livre. »

La mort des moi successifs, comme la décroissance d’un échantillon radioactif, ne me semble pourtant pas répondre aux critères de la Mort avec un grand M, et Proust lui-même ne se leurre pas complètement. La méthode statistique ne donne qu’un renseignement très superficiel. La mort n’est pas un phénomène progressif, c’est, pour utiliser le langage mathématique, un point singulier d’une existence.

Du côté de l’infiniment grand, une étoile est aussi sujette à une espérance de vie limitée, cinq à dix milliards d’années en moyenne. On parle dans ce cas d’explosion  de l’astre qui peut résulter en une supernova. Quant à l’Univers dans son entier, l’état final hésite entre le Big Crunch et le Big Rip.

Donc, pas de mort en physique, seulement une fin d’un état qui se convertit spontanément en un état différent, relié au premier par des lois de conservation. La notion de mort semble ne s’introduire qu’avec la cellule, c’est-à-dire quand on aborde le domaine de la biologie. Pour qu’il y ait mort, il faut partir d’un état vivant. Mais qu’est-ce que la vie? Est-ce le mouvement ? Bien sûr que non, la Lune qui tourne autour de la Terre ne vit pas. Alors, la vie serait attachée à la possibilité de reproduction ? On parle d’auto-réplication. Mais on dit d’un être dans le coma qu’il vit encore. Notons que dans les rencontres d’astrophysique, on s’intéresse de plus en plus à la recherche de signes de vie extraterrestre, mais cette appellation recouvre une forme de vie bien modeste, qui apparaît sous l’aspect de biomarqueurs très simples, tel le CO2, et qui n’offrent guère de dimension émotionnelle bien forte.

La vie est une notion très difficile à définir et Bichat nous dit : «  La vie est ce qui résiste à la mort. »

Mais alors, si la vie s’explique par la mort qui n’a de sens que pour le vivant, nous tombons sur un argument circulaire.

Quelle est donc la grande différence entre la fin d’une particule et la mort d’un être vivant ? Un élément de réponse me semble provenir du fait que, dans le phénomène de désintégration, il existe un « avant », la particule initiale, et un « après » bien déterminé. Cet « après » n’est pas complètement contraint tant que la désintégration n’a pas eu lieu. Pour une particule donnée, il existe un choix entre divers modes de désintégration. Mais ce choix est limité à un jeu de nouvelles particules dont la seule liberté consiste à se partager une énergie fixe. Par exemple le pion disparaît pour donner un muon et un neutrino dans 99,99% des cas. L’état engendré par la désintégration est d’ailleurs plus « intéressant » que l’état initial puisqu’on recueille deux particules aux propriétés plus riches que celles de la particule initiale. De même le carbone 14 donne non seulement l’azote 14, mais aussi un électron et un neutrino. Une supernova, qui signe la mort d’une étoile ensemence l’univers d’éléments lourds à l’origine de la formation des planètes et donc de l’apparition de la vie.

Dans une transformation de physique, il y a donc un « avant » et un « après », que l’observateur, qui reste extérieur au phénomène, peut analyser à sa guise. Le sociologue, lui aussi, analyse l’évolution d’une population avant et après les morts individuelles, accidents de la route ou suicides ou maladies. Le physicien ou le sociologue restent en dehors du processus. Leur rôle se cantonne à celui d’observateurs non impliqués. Un petit commentaire peut être inséré ici. En mécanique quantique, on sait que l’observateur participe au processus de la mesure, il influence le résultat par le fait même d’observer. Dans une population, on a constaté que la probabilité de mourir quelques jours avant la célébration d’un anniversaire diminue, pour augmenter dans la même proportion après la fête et reprendre la courbe moyenne normale ensuite. La psychologie semble jouer un rôle similaire à l’opération de mesure en mécanique quantique sans qu’on puisse aller au-delà dans le rapprochement.

Essayons de calquer le résultat de la désintégration du pion au phénomène de la mort. Si l’on voulait écrire une équation, on obtiendrait :

Corps vivant     cadavre  +  ?

Le point d’interrogation résume notre ignorance. Car la mort résulte, semble-t-il, en une perte, mais perte de quoi?

Qu’il manque quelque chose, et que le corps ne constitue pas tout l’être vivant, Proust nous le dit : « C’est dans la maladie que nous nous rendons compte que nous ne vivons pas seuls mais enchaînés à un être d’un règne différent, dont des abîmes nous séparent, qui ne nous connaît pas et duquel il est impossible de nous faire comprendre : notre corps. »

Très clairement, Proust est d’avis que notre corps ne restitue pas la totalité de notre être. Et, pendant l’agonie de sa grand-mère, il demande, dans un cri désespéré : « Mais si ce n’était plus qu’une bête qui remuait là, ma grand-mère où était-elle ? »

Le corps n’est donc qu’une partie de l’être vivant, ce qui justifie notre équation qui ne résout rien, car l’état final n’est pas complètement défini. La mort lâche bien derrière elle un cadavre, mais c’est un objet infiniment moins riche que le corps vivant qui a cessé d’être. « Et le reste est silence » selon la forte parole d’Hamlet. La partie spirituelle qui caractérisait le vivant n’est plus objet d’analyse, elle nous échappe, soit que, pour les agnostiques il ne reste rien d’autre, « Et le reste est vide », soit que l’âme se soit évadée dans un au-delà inaccessible « Et le reste est absent. »

Cette part manquante, je l’appellerai la part de l’incompréhensible.

L’Univers est certes intelligible. Selon la phrase souvent citée d’Einstein, « La chose la plus incompréhensible de ce monde est que le monde soit compréhensible. » Mais le monde est-il entièrement compréhensible ? Il est assez raisonnable de penser qu’il existe une part du réel qui demeurera inaccessible à notre intelligence, malgré tous les progrès scientifiques à venir. Comme la rétine de l’œil qui n’est sensible qu’à une faible partie du spectre électromagnétique, l’intelligence ne serait sensible qu’à une partie des mystères de la nature. En mathématiques, on parle de recouvrement entre deux ensembles, et il ne me semble pas évident que réel et intelligible se superposent exactement. Un recouvrement complet entre la capacité du cerveau humain et l’ensemble des mystères de l’univers donnerait au principe anthropique un argument très fort. Si nous ne l’acceptons pas, alors la mort pourrait être le point de rupture où deux ensembles divergent, elle communique avec l’incompréhensible.

L’équation de la mort a donc un peu évolué. Elle s’écrit :

Corps vivant     cadavre  +  incompréhensible

Remplacer un point d’interrogation par la parole incompréhensible ne semble pas un progrès évident. Mais cela ouvre des perspectives, car l’équation est maintenant bien proche de celle formulant la désintégration du pion, telle qu’on pouvait l’écrire avant 1930, quand on constatait une perte d’énergie inexpliquée et mystérieuse. Certains ne mettaient-ils pas en question la conservation de l’énergie, hypothèse qui, dans notre cas, reviendrait à identifier être vivant et cadavre ? Or, les partisans d’une violation d’énergie avaient tort.

Quelque chose fuit au moment de la mort sans laisser de trace. De même, les désintégrations impliquant un neutrino étaient incompréhensibles avant 1930, et Pauli s’excusait d’avoir inventé une particule qui ne serait jamais détectée expérimentalement. Sa crainte a été infirmée et trois Prix Nobel ont jalonné les progrès de la physique des neutrinos.

Alors ce qui manque au moment de la mort, l’appellera-t-on esprit ou âme ? Peut-être, après tout, cette partie qui disparaît sera un jour sujet d’expérimentation, comme suggéré dans un roman qui identifie précisément l’âme à une construction de neutrinos se libérant à l’instant final. L’identification est facile pour un physicien des particules. Sans aller jusque là, en physique des particules, on met souvent des limites supérieures à l’existence d’un phénomène hypothétique. De même on pourrait imaginer des tests donnant lieu à des effets physiques sensibles. Mais qui oserait tenter de telles mesures ?

J’aimerais, pour finir, introduire un nouveau paramètre, utile dans ces considérations : le temps. On sait qu’il est réversible dans le monde microscopique, alors qu’il est irréversible à notre échelle. C’est un paramètre hautement capricieux et un philosophe a dit à son propos : « Le concept de temps pourrait être la conséquence de la conscience qu’on a de notre mortalité. »

Donc la mort pourrait être un ingrédient externe de la physique, donnant au temps sa flèche, c’est-à-dire sa direction toujours orientée dans un sens unique. Sans la mort, il n’y aurait plus de passage du temps, le monde deviendrait alors statique et sans histoire. On sait aujourd’hui qu’au niveau de l’Univers, le temps supposé cyclique chez les Anciens, acquiert grâce au Big Bang une évolution où passé et futur sont bien définis.

Il faut bien avouer que toutes ces considérations d’analyse scientifique de la mort aboutissent à un cul-de-sac. Alors, je préfère revenir à Proust : « … il en est de la vieillesse comme de la mort. Quelques-uns les affrontent avec indifférence, non parce qu’ils ont plus de courage mais parce qu’ils ont moins d’imagination. »

Or, de son côté, Roger Martin du Gard écrit : « Un astronome habitué à vivre en pensée dans les espaces intersidéraux doit avoir moins de mal qu’un autre à mourir. »

En confrontant les deux extraits, on en conclut qu’un astronome, et plus généralement un scientifique, doit posséder peu d’imagination. Ou peut-être, l’essentiel de son imagination étant consacrée aux objets de sa recherche, il lui en reste trop peu pour penser à la mort. Ceci expliquerait pourquoi ces réflexions resteront sans conclusion.

François VANNUCCI

Bulletin Interactif du Centre International de Recherches et Études Transdisciplinaires n° 19 - Juillet 2007

vendredi 31 mai 2024

Pigeon Forge, le trente mai 2024, dans le Tennessee

Au petit déjeuner du Microtel, une vieille dame déclare à son mari « Non, pas à cette table (au milieu) je ne veux pas être en sandwich. » Alors, il prend la première table. Le paradoxe est qu’elle s’assoie à une chaise pris en sandwich avec la deuxième tablé. La vénérable dame a l’air d’avoir plus de cent ans, les cheveux blancs raides et presque transparent comme des spaghettis trop cuis. Elle se déplace avec lenteur et précision. 

Je l’ai rencontré cinq minutes plus tôt dans la zone des aliments. Elle a remplis son bol de céréales aux couleurs flamboyants. Elle cherche le lait, je lui tends le galon dont j’ai utilisé pour colorer mon café matinal. Elle me dit « Oh, non. Elle préfère les petites briques de lait Half-Half c’est à dire demi écrémé. Le lait en galon est du 2% c’est à dire de l’eau blanchie.

Nous les revoyons quelques minutes plus tard sur le parking de l’hôtel. Ils mettent beaucoup de temps à ranger leur affaire dans le coffre de leur véhicule. Le mari prend un soin particulièrement attentionné pour installé sa femme à sa place. Elle a des problèmes pour se déplacer. Lui-même n’est pas de première jeunesse, mais semble moins âgé que son épouse. Il s’installe au volant de la voiture et ils partent pour de nouvelles aventures, juste un clin d’œil d’un vieux couple sur les routes de l’Amérique.

mardi 14 mai 2024

Petit scène de la vie ordinaire aux États Unis !

 Je suis assis au Starbucks de Shreveport en Louisiane. Un jeune homme gare son gros 4x4 sur le parking à une place réservée Order Pick Up. Il extrait sa grosse carcasse de graisse du véhicule et se dirige vers l’entrée du café. Il marche avec de gros pas lourds de pachyderme, remonte son jeans délavé et se dirige vers le comptoir Mobile Order. Il prend d’une main un paquet contenant un muffin et de l’autre il s’empare de sa boisson baignant de glaçons. D’un pas déterminé et puissant, il repart vers sa voiture tout en sirotant d’un air satisfait son frapucchino ! Le 4x4 démarre, recule et s’éloigne du parking.


dimanche 28 avril 2024

Wash terme américain

 Un wash (ou Arroyo en espagnol) dans l'ouest américain est le lit sec, en général au fond d'une gorge ou d'un canyon, d'une rivière dont l'eau se tarit en été.


lundi 15 avril 2024

Falsgstaff matin du 16 avril

 Falsgstaff matin du 16 avril

Vers 4 heures du matin (heure d’Arizona), je suis réveillé par un grand bruit. L’hôtel vibre par les éclats d’une porte brisée. Des esclandres se font entendre, une femme et un homme hurlent. Cela se poursuit pendant dix minutes dans leur chambre. Puis la police frappe à leur porte et réclame le calme, des explications. Les palabres durent bien un quart d’heure avant que le silence ne revienne dans l’hôtel.

On se croirait dans un film de série B.

samedi 30 mars 2024

Coucher de soleil sur le Pacifique nord

 Coucher de soleil sur le Pacifique nord Vendredi 29 mars à 18h16 soit 1h16 du matin le samedi 30 mars en Haute Savoie 





lundi 11 mars 2024

Condition météo

 Un oiseau surffe au dessus des vagues ; suite aux conditions climatiques, le commandant décide de supprimer la visite du Cap Horn et d’aller à l’abri vers les Terres de feu.



jeudi 1 février 2024

Réflexion

N’as-tu pas l’impression que le monde court à sa perte ?

Chaque nouveau gouvernement promet le changement et espoirs.

Mais il finit par faire exactement comme le précédent.

Il dit une chose et fait l’inverse.

Notre monde est défini par le pouvoir. 

Mais le vrai pouvoir ne s’achète pas ni avec de l’argent, ni avec le savoir, ni avec la technologie.

vendredi 29 décembre 2023

Vœux de Xavier Bazin : « Le courage de la vérité, la vertu du doute »...

Mercredi 27 décembre 2023

Le courage de la vérité, la vertu du doute 

Cher(e) ami(e) de la Santé,

Il y a maintenant quatre ans que la folie Covid a commencé. Cette période très spéciale me fait penser à deux citations du grand Soljenitsyne. La première concerne nos gouvernements et médias :

« Nous savons qu’ils mentent. Ils savent qu’ils mentent. Ils savent que nous savons qu’ils mentent. Nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent. Et, pourtant, ils persistent à mentir. »

Je pourrais multiplier les exemples – et je suis sûr que vous en avez en tête, vous aussi. Je me contenterai de cette phrase récente de l’ex-ministre de la Santé, Aurélien Rousseau : « On a un vaccin (Covid) qui est plus efficace que celui de l’an dernier et on a maintenant trois ans de recul, on sait qu’on n’a pas d’effets secondaires, et donc il faut y aller » – 3 octobre 2023, sur France Inter. C’est tellement énorme que même les pseudo « fact-checkers » de Libération ont été obligés de reconnaître que cette déclaration était « évidemment » fausse. De toutes façons, les Français ne sont pas dupes. Parmi les plus de 65 ans, une personne sur quatre seulement a tendu le bras cet automne pour recevoir une nouvelle dose de vaccin Covid. Cela veut dire que les trois quarts des personnes âgées n’ont pas suivi la recommandation du gouvernement – malgré toute la communication déployée dans les médias complaisants. Les Français ont parfaitement compris que ces vaccins n’empêchaient pas la maladie et pouvaient causer d’épouvantables effets indésirables. Les soignants aussi l’ont compris. Ils sont à peine 10 % à s’être vaccinés contre le Covid à l’automne ! Donc, 9 soignants sur 10 sont des « antivax », « anti-science », à en croire nos autorités. En réalité, presque tout le monde a compris que, sur ce sujet-là, le gouvernement a menti et continue de mentir (étonnamment, le gouvernement voit que nous ne sommes plus dupes mais persiste à mentir). Ce qui m’amène à la deuxième citation de Soljenitsyne :

« Je n’ai pas la force, tout petit individu que je suis, de m’opposer à l’énorme machine totalitaire du mensonge, mais je peux au moins faire en sorte de ne pas être un point de passage du mensonge ».

C’est un point capital. On doit éviter de participer au mensonge, d’une manière ou d’une autre. Or il existe une façon très insidieuse de « participer au mensonge ». C’est de tourner la page. De lâcher l’affaire. De faire comme si rien ne s’était passé. D’oublier. Non ! Il ne faut surtout pas oublier ce qui s’est passé, c’est trop grave ! Gardons toujours garder en tête ces huit éléments factuels sur cette période Covid :

  • 1.     Le coronavirus de Wuhan n’est pas un virus naturel issu de la romance entre une chauve-souris et un pangolin. C’est un virus qui a été trafiqué en laboratoire pour le rendre plus infectieux, dans le cadre des recherches scientifiques de « gain de fonction »
  • 2.     Ce virus n’a jamais été une menace existentielle: on a su dès le début qu’il touchait essentiellement les personnes très âgées et vulnérables – comme les « mauvaises grippes », ni plus, ni moins ;
  • 3.     Les confinements n’ont eu globalement aucun effet sur la gravité de l’épidémie, mais ont eu des conséquences catastrophiques à tout point de vue : médical (retards de soin), économique (dette, faillites), sociétal (isolement, dépression, etc.) et scolaire (retard d’apprentissage des enfants), etc.
  • 4.     L’hôpital n’a jamais été menacé « d’implosion» : certains hôpitaux ont été effectivement débordés, comme chaque hiver, mais beaucoup sont restés désespérément vides pendant le confinement – et sur l’ensemble de l’année 2020, les hospitalisations Covid n’ont représenté que 2 % du total des hospitalisations ;
  • 5.     Il existait dès le début des protocoles de prévention et de traitement précoce efficaces – comme le protocole Raoult, la vitamine D ou l’ivermectine – qui nous auraient permis de passer cette « mauvaise grippe » sans le moindre drame ;
  • 6.     Les obligations généralisées de port du masque n’ont pas eu le moindre impact sur la gravité de l’épidémie ni la circulation du virus (elles ont en revanche contribué à maintenir la population sous psychose) ;
  • 7.     Les vaccins anti-Covid, tels qu’ils étaient formulés, ne pouvaient pas empêcher la transmission du virus (biologiquement, un vaccin injecté dans le muscle ne peut pas éviter la multiplication du virus dans la cavité nasale ni sa transmission à autrui). Les passes sanitaires et vaccinaux étaient donc bâtis sur un énorme mensonge ;
  • 8.     La vaccination de masse a été une expérimentation médicale géante, avec des milliards d’êtres humains qui ont servi de cobayes sans s’en rendre compte – et le bilan de cette expérimentation, avec le recul, est catastrophique (le Covid circule toujours, les effets indésirables graves sont fréquents et les pays les plus vaccinés connaissent une surmortalité inédite depuis 2021).

Je ne vais pas vous faire de longues démonstrations sur tous ces points – je l’ai fait suffisamment dans mes lettres et mes livres, ces dernières années. Et peut-être avez-vous encore des divergences avec moi sur l’un ou l’autre de ces éléments. Ce n’est pas grave : l’important, c’est que nous soyons d’accord pour dire qu’il y a eu beaucoup de mensonges éhontés, qui perdurent encore aujourd’hui. Ce qui doit nous interroger. S’ils nous ont menti de manière aussi manifeste sur le Covid, sur quoi d’autres nous mentent-ils ? Je sais bien que c’est une question à se faire traiter de « complotiste ». Mais si le complotiste est celui qui se pose des questions, alors il faut ne faut pas craindre d’être complotiste. Au contraire, il est capital de cultiver le doute, sur tout ce que l’on nous raconte (y compris sur ce que JE vous écris !) Laissez-moi vous raconter ce qui s’est passé quand j’ai soumis le manuscrit de mon livre Big Pharma démasqué à un premier éditeur. Je connaissais l’éditeur personnellement. Un homme ouvert et intelligent, qui a reconnu l’intérêt et la crédibilité du propos. Et un professionnel aguerri, qui a perçu dans ce livre un potentiel « best-seller ». Mais il a refusé de l’éditer. Le problème de ce livre, m’a-t-il dit, est qu’il « sème le doute ». Eh bien, oui… c’était précisément mon intention ! Oui, il est dangereux de croire « sur parole » nos autorités, sans vérification ! Oui, le meilleur rempart contre les « mensonges officiels », c’est bien l’esprit critique – et donc le doute. Voilà pourquoi j’aimerais que nous soyons nombreux à cultiver le doute en 2024. Ou mieux, que nous essayons de « semer le doute » autour de nous, chacun à notre niveau ! Pas seulement sur les vaccins. Mais aussi sur la façon dont la médecine conventionnelle (mal)traite beaucoup de patients souffrant de maladies chroniques. Sur la façon dont les médias nous (dés)informent sur les médecines naturelles, alternatives ou complémentaires. Oui, il est bon de douter de ce que nous disent les autorités. Il ne faut pas hésiter à vérifier, faire ses propres recherches. Il faut se diriger vers des sources fiables et indépendantes… et faire davantage confiance à son bon sens. C’est mon vœu pour sortir de la spirale dangereuse dans laquelle nous sommes plongés depuis quatre ans. Et je pense que nous sommes sur la bonne voie. J’ai le sentiment que de plus en plus de citoyens sont en train de se « réveiller ». C’est sans doute mon côté « optimiste » qui vous parle. Mais l’optimisme fait du bien. J’ai bon espoir que la lumière sera au bout du tunnel.

Alors je vous souhaite à tous une très belle année 2024, remplie de joie, de beauté et de santé.

Amicalement,

Xavier Bazin

lundi 13 novembre 2023

Jésus contre le christianisme...

JÉSUS CONTRE LE CHRISTIANISME

Si Dieu réside en chaque homme, alors toute forme d'organisation hiérarchique prétendant détenir le monopole du vrai et dispensant celui-ci de haut en bas est l'ennemie de l'espèce humaine (...)


Philip K. Dick, L'Exégèse

 https://youtu.be/fg9KvtkCDnE?si=lHwbC_QdSmGmqk7r

Le roman nationalement, la France n'a jamais été chrétienne. Si l'on parle d'une manière d'être et de vivre, qui soit la mise en pratique collective de la parole d'un certain Jésus, né à Nazareth, la France n'a pas été plus chrétienne que le christianisme n'a existé.

Le christianisme est un mot. Un mot qui recouvre un très vilain récit. Celui du détournement de la parole émancipatrice, révolutionnaire, d'un homme ou d'un dieu, afin de la faire servir à une mission exactement contraire, la reconduction de la domination impériale la plus exclusive jusque dans l'intimité des cours et le secret des âmes, l'Église.

L'Église chrétienne ment, l'Église chrétienne est romaine.

Et pourtant... Et pourtant la parole de Jésus est également une porte vers autre chose, car l'être invisible auquel cette religion visible n'a cessé d'adresser ses prières était initialement celui qui possédait le fil d'Ariane, susceptible de nous guider hors du labyrinthe de la prison impériale.

C'est à partir de Jésus que l'Empire, dans un premier temps, va commencer à se fissurer. Mais c'est aussi autour du culte du Christ que l'Empire va se reconstruire, de façon plus forte, plus intense, plus impitoyable encore.

Le christianisme, le culte du Christ crucifié, a été la plus grande insulte faite à sa personne comme au contenu de sa parole.

Si nous les confrontons, parole contre parole, Jésus et le christianisme ne sont pas contradictoires, ils sont incompatibles.

C'est ce que nous allons essayer de faire aujourd'hui.

L'histoire de Jésus et celle du christianisme sont inscrites si intimement dans le parcours de l'humanité depuis 2000 ans que l'histoire de France, fille aînée de l'Église, est incompréhensible si nous ne nous penchons pas sur cet abîme.

L'histoire que nous allons vous raconter est une des plus dingues de toute l'histoire de l'humanité.

Elle va chercher si profondément dans nos cœurs qu'elle nous fait mal à chaque fois qu'elle nous fait rire.

Parce que dans le fond, ça n'est pas drôle.

Bienvenue dans l'Empire n'a jamais pris fin, je m'appelle

Pacôme Thiellement, je ne suis pas historien, je suis exégète. Dans ce programme pour Blast, je fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective et même très subjective, même si nous essayerons d'être le plus rigoureux possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas mon histoire de France, écrivez la la vôtre.

Bienvenue dans l'Empire n'a jamais pris fin, épisode 2,

Jésus contre le christianisme.